Cadre de vie et patrimoine

- Un territoire flamand : certes, mais qu’entend-on exactement par là ? Les avis sont partagés, entre les partisans d’une certaine renaissance culturelle flamande et sur les valeurs collectives qui la fondent ; ceux pour qui l’identité flamande constitue avant tout une opportunité de coopération avec la Province de Flandre occidentale ; ceux pour qui l’identité flamande est d’abord une « image » susceptible d’être vendue à l’extérieur, fondée sur les paysages, le patrimoine monumental (les retables, l’architecture vernaculaire…) et les modes de vie (accueil et convivialité flamandes).

- Un territoire agricole : l’agriculture occupe 83 % du territoire et emploie près de 6 % de la population active, ce qui n’est pas négligeable. Mais la production agricole est peu valorisée sur place (les grands centres de valorisation, qu’il s’agisse des abattoirs ou des conserveries, sont situés hors du Pays), elle représente moins de 4% du revenu du territoire, elle se trouve bridée dans son développement par la concurrence des fonctions résidentielles.

- Un territoire rural : à l’évidence, le Pays des Moulins de Flandre présente une physionomie rurale (faible densité, paysages). Cependant, le mode de vie effectif des habitants est urbain : 70% des actifs travaillent (et, pour partie, consomment) dans les pôles extérieurs de Dunkerque, Saint-Omer, Hazebrouck et Lille. Le caractère « rural » renvoie plus au décor qu’au mode de vie.

 

Les paysages de notre région peuvent être considérés comme une représentation physique d’un milieu naturel au sein duquel l’activité humaine est venue progressivement ajouter, modifier voir supprimer certains éléments.

Les paysages du Pays des Moulins de Flandre se répartissent en deux grandes catégories qui elles-mêmes peuvent être divisées en sous entités. Entre ces différents types de paysages, la transition est généralement douce hormis en quelques endroits lorsque le relief s’élève rapidement au sein de paysages caractérisés par une topographie peu tourmentée.

 

LA PLAINE MARITIME FLAMANDE
Au nord du territoire, s’étend la plaine maritime flamande qui englobe les villes de Bergues et Hondschoote. Ce type de paysage pénètre vers l’intérieur des terres jusque Watten et s’étend hors de notre territoire jusqu’au Calaisis à l’ouest et au Westhoek belge à l’est. Le niveau moyen des terres est généralement inférieur à celui de la mer. Les terrains ont ici essentiellement été gagnés sur la mer à partir du XIIe siècle, ce qui implique que les paysages sont relativement jeunes. La société les a fabriqués de toute pièce. Nous avons ici un paysage de polder où les éléments de drainage, fossés, wateringues, canaux sont omniprésents. La Flandre maritime est chez nous essentiellement marqué par l’activité agricole qui occupe plus de 80 % de l’espace. La spécificité de ces paysages réside dans son horizontalité et sa très faible couverture boisée. L’horizon dégagé par la très faible densité d’obstacles visuels a value à ce territoire le nom de Blootland : le pays nu. Cette entité peu néanmoins être divisée sur notre territoire en trois sous compartiments :
- Les dunes de Ghyvelde (dunes littorales et Dune Fossile) d’un intérêt écologique majeur ;
- La plaine canalisée à l’ouest délimité au sud par l’ancienne falaise de Merckeghem et la vallée de l’Yser
- Le secteur des Moëres qui a un système de drainage particulier car gagné sur la mer plus tardivement.

 

LA FLANDRE INTERIEURE
Le sud du territoire fait partie du vaste ensemble de la Flandre Intérieure qui s’étend bien au delà des limites du Pays des Moulins de Flandre. En venant du littoral, nous percevons cette transition aux abords de la vallée de l’Yser. Le relief ondule et l’horizon est régulièrement masqué par la présence d'alignements d’arbres. La Flandre intérieure était en effet traditionnellement une région bocagère, ce qui lui a donné le nom de Houtland : «Pays au bois». Cependant, la modernisation des pratiques agricoles a fortement réduit la présence de la haie et de l’arbre dans le paysage. Ces paysages, aujourd’hui semi-bocagers, sont néanmoins toujours caractérisés par la présence de haies, de mares et d’un habitat dispersé. Nous pouvons dégager deux types de paysages de ce vaste ensemble :

- La vallée de l’Yser avec pour bourg centre la ville de Wormhout est caractérisée par un relief assez peu tourmenté, la présence de l’eau sous forme de becques et de rivières ainsi que par le bocage.
- Les Monts de Flandre : posés comme des îlots au milieu du bocage flamand, les Monts de Flandre dont l’altitude reste relativement modeste constituent de véritables belvédères sur l’ensemble du Westhoek. Le Mont Cassel (176 m) et le Mont des Récollets sont les principaux Monts de Flandre de notre territoire.

  

LES MARCHES DE L’AUDOMAROIS
Enfin la partie sud ouest de notre territoire est marquée par des paysages que l’on ne peut pas rattacher directement aux paysages flamands : il s’agit des Marches de l’Audomarois. Ces paysages boisés, au contact du marais audomarois, s’étendent sur les communes de Watten, Nieurlet, Saint-Momelin et Noordpeene. Ils réalisent une transition progressive entre la Flandre et l’Artois.